décembre 06

Sol Zanetti   Chef d’Option nationale

J’aurais voulu être journaliste, sociologue, historien, cinéaste, politologue, économiste, médecin, documentariste, biologiste, écrivain, entrepreneur et bien d’autres choses encore. À 18 ans, en l’an 2000, j’étais à la croisée de mille et un chemins. Ce qui m’intéressait, c’était les questions fondamentales que soulevait chaque discipline. J’ai donc décidé d’aller me placer au carrefour de toutes les disciplines : à la Faculté de philosophie.

Ce qui m’a entraîné irréversiblement au fond de tous ces livres et ces mots, c’est principalement cette espèce d’intuition que le monde ne tournait pas rond et que les opinions humaines les plus répandues étaient souvent tissées d’illusions. C’était insoutenable. Il fallait trouver des solutions. Quelque chose en moi ne me laissait pas continuer à faire comme si je ne savais pas. Le problème était trop global pour être envisagé avec les outils d’une seule discipline. Il fallait embrasser le problème tout entier. Il fallait philosopher de toute urgence. Il le faut toujours.

Les gens me trouvaient téméraire de me lancer dans un domaine aux débouchés directs si incertains en apparence. J’y suis allé tout de même, estimant qu’il valait mieux écouter ce qui en soi fait vibrer plutôt que ce qui, chez les autres, inquiète et fait trembler. C’est la vie même qui le commande. J’ai gagné mon pari, puisque je me suis trouvé un emploi d’enseignant au collégial avant même la fin de mes études. Je suis devenu permanent à 28 ans. Et vlan dans les dents des prophètes de l’insécurité.

Pour moi, philosopher et faire philosopher, c’est s’occuper de sa cité. C’est éveiller chez ses concitoyens le désir d’un monde meilleur, de relations plus vraies, bref, d’une vie qui vaut la peine d’être vécue.

En 2012, à l’âge de 29 ans, j’ai décidé de faire le saut en politique active avec Option nationale. J’ai eu confiance en cette organisation et en ceux qui l’ont bâtie. J’ai été impressionné par l’éthique de leur démarche et j’ai commencé ce que j’appellerais mon «service politique». Il m’apparaît évident que le monde politique manque de philosophes. Je ne saurais trop expliquer pourquoi, mais il faudrait que ça change. La philosophie, puisqu’elle incite à constamment se questionner sur ce que nous faisons et sur les raisons pour lesquelles nous le faisons, est à mon avis la seule discipline qui puisse nous empêcher de dériver dans notre quête d’une cité meilleure. Et pour redonner ses lettres de noblesse à la philosophie, il faudra que les philosophes s’impliquent concrètement et qu’ils fassent ce pour quoi ils ont été formés : changer le monde.

Sol Zanetti
Baccalauréat en philosophie