janvier 26

Dave Savard   Enseignant de philosophie

Je suis natif de la Côte-Nord, enseignant de philosophie au Cégep de Baie-Comeau depuis 2006, fondateur et organisateur de La philosophie en région sur la Manicouagan, père de deux merveilleux enfants ainsi que, depuis tout récemment, docteur en philosophie. Je suis aussi officier dans la Force de réserve pour les Fusiliers du St-Laurent et directeur de la Fondation du Centre de protection et de réadaptation de la Côte-Nord.

J’ai toujours concilié la philosophie avec mes nombreuses occupations et ma vie personnelle, et ce, depuis mes premières expériences philosophiques à la St. Thomas University de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, avec le professeur et ami Barry Craig. J’ai poursuivi à la maîtrise à l’Université Laval, puis au doctorat toujours à l’Université Laval en cotutelle avec Paris Ouest sous la direction des professeurs et amis Thomas De Koninck et Jean-François de Raymond.

Souvent, les gens pensent que poursuivre des études dans le domaine de la philosophie n’est pas très prometteur, alors que c’est tout le contraire. Il existe, de nos jours, un grand besoin de réfléchir sur le sens de la vie. Alors, pourquoi ne pas parler franchement de philophobie? Le seul fait de parler de philosophie fait peur, et c’est dommage, car cette discipline peut porter un regard salutaire sur nos vies, aussi complexes soient-elles.

D’entrée de jeu, et je ne suis forcément pas le seul qui a été dans cette situation, la philosophie n’était pas mon premier choix de carrière, encore moins lorsque j’étais étudiant au collège. Mais même si nous ne sommes pas prêts à entreprendre des études postsecondaires, rien ne nous empêche d’y retourner un jour, si la vie le veut bien.

En fait, si quelqu’un m’avait demandé ce que je voulais devenir dans la vie, je n’aurais pas su quoi lui répondre, tant j’étais perdu dans mes pensées. Je ne savais pas ce que je voulais faire de mon existence et c’était très inquiétant pour moi, car je ne me connaissais pas!

Se connaître, c’est pourtant évident, n’est-ce pas ? Rien n’est plus facile que de savoir qui l’on est, d’où l’on vient, et d’avoir une idée précise de la direction que prendra notre vie! En esquissant des réponses à ces questions existentielles, la philosophie m’a aidé à prendre de nombreuses décisions pour mon futur, dont celle de devenir enseignant de philosophie.

Enseigner ce que j’aime aujourd’hui est très gratifiant dans ma vie quotidienne puisque je me sens utile dans ce que je fais, c’est-à-dire aider ceux et celles qui le veulent bien à développer leur pensée critique sur des questions fondamentales. Partager mes connaissances philosophiques avec les étudiant(e)s que je côtoie chaque année au Cégep de Baie-Comeau me donne beaucoup de plaisir.

Si je suis en mesure d’enseigner ce que j’aime aujourd’hui, c’est bien grâce à mon ami Thomas De Koninck, avec qui je partage ma vision de la philosophie. Tout comme lui, je m’inspire du Phédon de Platon, qui nous aide à comprendre comment la philosophie possède le pouvoir de libérer les virtualités humaines et, qu’en cela, elle sert la dignité de chacun. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il ne faut pas craindre la philosophie : elle nous rend autonomes et libres! Chose qui n’a rien de facile, certes, mais qui est néanmoins vitale si nous voulons que nos sociétés démocratiques actuelles soient véritables et viables.

Dave Savard
Baccalauréat, maîtrise et doctorat en philosophie