mars 03

Bernard Landry   Enseignant au secondaire

Septembre 1980.

Mon premier cours au cégep est le cours de philosophie de l’homme, donné par, M. Bernard Brunet. Un cours qui marquera ma vie par ses questions, ses sujets et ses discussions avec un professeur que j’ai grandement apprécié.

Deux ans plus tard.

– Papa, j’ai décidé d’aller à l’université.
– Merveilleux mon fils, je suis fier de toi.
– Papa, j’ai fait une demande d’admission en philosophie.
– QUOI!?
– Bien, je pense que c’est le meilleur choix que je peux faire pour moi.
– C’est quoi cette idée de va nu-pied? Mon pauvre enfant, qu’est-ce que tu vas faire avec ça plus tard?

Des années plus tard, je rappelle parfois à mon père, non sans plaisir, cette petite discussion que nous avions eue ensemble à son grand découragement… Pourtant, faire le choix d’aller étudier en philosophie a certainement été une des belles décisions que j’ai prises dans ma vie. Décision qui m’a ouvert des chemins insoupçonnés et qui, encore aujourd’hui, influence grandement ma vie.

Après mon baccalauréat en philosophie, j’ai poursuivi mes études au certificat en enseignement collégial. Toutefois, étant conscient des difficultés à trouver un emploi au collégial, j’ai eu le bonheur de m’inscrire au certificat en éducation morale et d’être parmi les premiers étudiants universitaires à être reconnu comme « spécialistes » en enseignement moral.

À l’époque, ce certificat était destiné aux enseignants du secondaire qui désiraient se spécialiser. Pour ma part, j’ai fait partie des tout premiers spécialistes en enseignement moral, possédant une véritable formation universitaire en éducation morale. Cette opportunité m’a permis d’obtenir un premier contrat d’enseignement à l’école De Rochebelle au mois d’octobre … alors que ma scolarité se terminait en décembre !

Quelques années plus tard, l’attrait de la philosophie m’a repris et je me suis inscrit à la maîtrise en philosophie. Cette maîtrise, associée à mon expérience en enseignement au secondaire, m’a alors permis d’être chargé de cours en éducation pendant 4 ans.

À la même époque, j’ai eu le plaisir d’animer un « café philosophique » durant un an, tous les jeudis soir dans un café sur la rue Cartier. Quelles expériences et quelles rencontres j’ai eu le bonheur de faire au cours de cette année!

Et mon père qui se demandait ce que j’allais faire de ma vie.

Mais ce n’est pas tout. Cette « disponibilité de l’esprit », comme se plaisait à nous dire certains professeurs, m’a aussi permis de m’appliquer au programme PROTIC du Collège des Compagnons et de devenir par la suite enseignant de français, d’histoire et d’éthique et culture religieuse, poste que j’occupe encore aujourd’hui. Ce poste m’a permis d’être formateur en éthique et culture religieuse et même de travailler à la Direction des programmes du MELS durant 3 ans, justement pour le cours éthique et culture religieuse.

Étudier en philosophie a certainement été une de meilleure décision que j’ai prise dans ma vie. Oui, j’ai sans doute été chanceux d’être au bon endroit au bon moment. Mais encore fallait-il prendre les bonnes décisions …  Et qui, si ce n’est un philosophe, peut vraiment éclairer notre lanterne?

Bernard  Landry
Baccalauréat et maîtrise en philosophie
Certificat en enseignement collégial