mars 11

Frédéric Desrosiers   Conseiller en affaires autochtones

Quelle idée, il y a vingt ans, j’entreprenais des études en philosophie! Aucun jour ne passe sans que j’aie à faire face aux conséquences de ce choix; surtout dans mon univers professionnel.

Oui, je travaille! J’œuvre dans la fonction publique québécoise. Mon employeur cherchait d’ailleurs spécialement des diplômés en philosophie comme rédacteurs pour vulgariser des textes législatifs dans une optique de simplification de l’information à destination du public. Je ne pouvais être mieux préparé à la tâche, habitué à appréhender des contenus complexes, à prendre un recul critique, à analyser, à rédiger, à argumenter pour présenter ou défendre des idées. Je ressens au quotidien les avantages de mes études, plutôt pour les habiletés intellectuelles forgées que pour les connaissances en soi.

Ces habiletés sont tout autant reconnues à présent en ma qualité de conseiller en affaires autochtones. Plus stimulantes encore, pour les dimensions politique, juridique, diplomatique, historique et culturelle au sein desquelles j’ai le plaisir d’évoluer, mes fonctions m’amènent à coordonner une variété d’activités gouvernementales liées aux relations et au suivi des ententes conclues entre le gouvernement et les nations

Sans mon parcours en philosophie, j’estime que je n’aurais pas été aussi bien outillé pour composer avec la complexité de mes dossiers. Trouver les mots justes pour expliquer ou saisir la réalité des uns et des autres en vue d’une compréhension commune, émettre des avis éclairés, conseiller les administrateurs d’État et les parlementaires dans leur prise de décision comporte des défis qu’une expérience en philosophie contribue certes à relever.

En philosophie, les débouchés en dehors de l’enseignement et de la recherche demandent quelques efforts pour faire valoir ses acquis, mais je me suis rapidement aperçu qu’en prenant un minimum de recul pour saisir le propos et m’ajuster au vocabulaire, je pouvais me prononcer sur un éventail de sujets.

En mettant à profit la polyvalence et l’ouverture d’esprit auxquelles la philosophie m’a amené, je crois être devenu plus apte à jongler avec les idées, à comprendre et juger des situations les plus diverses issues du monde frénétique dans lequel nous vivons.

N’est-ce pas très pratique?

Frédéric Desrosiers
Baccalauréat et maîtrise en philosophie
DESS en administration publique