avril 17

Claude Gratton Directeur général et greffier

Tout d’abord, je m’en voudrais de ne pas saluer l’initiative mise de l’avant par M. Alexandre Lavallée et de le féliciter pour avoir concrétisé ce que l’un de mes professeurs (à l’UQTR), le très regretté M. J.-Nicolas Kaufmann (1941-2002), m’avait confié, un jour, vouloir faire : un répertoire des diplômés en philosophie en indiquant le poste occupé par chacun, et ce, afin d’illustrer aux étudiants où pouvait mener réellement l’étude cette discipline. Je crois que la présente campagne (philophobie) vient combler un vide (ou un silence) qui faisait grandement défaut.

Pour ma part, ma passion philosophique a pris naissance dans le cadre de mes études collégiales en administration avec les professeurs Loranger, Girouard, Drainville et Lespinass. Qu’on se le dise, derrière toute étincelle qui produira l’illumination fatale, se cache, au moins, un(e) professeur(e).  Au contact de ces personnes, qui m’ont transmis ledit virus,  une vérité toute simple s’est alors installée en moi : je me devais, avant d’étudier quoi que ce soit d’autre, faire d’abord des études en philosophie,  en guise de propédeutique. J’ai alors fait mon bac et une année de maîtrise.

Durant mes études universitaires, contrairement à plusieurs collègues qui souhaitaient embrasser la carrière professorale, moi je rêvais, déjà, depuis plusieurs années, d’occuper un poste de direction. Je me voyais et me projetais  plus comme directeur de collège, de cégep, ou d’une institution quelconque, comme si j’étais plus enclin à une certaine pratique de la philosophie qu’à son enseignement théorique. Pour ce faire, j’ai complété un second baccalauréat par cumul de certificats (avec majeur en Relations industrielles) et finalement, en 1999, j’ai occupé mon premier poste de directeur général  et secrétaire-trésorier d’une  municipalité.

Après avoir occupé ce poste dans trois municipalités différentes, je débute, en 2014,  ma quinzième année à la direction générale et pour ma part, je ne me suis jamais caché d’être détenteur d’un diplôme ès philosophie et au contraire, j’en ai toujours fait fièrement la promotion.

Les gens n’ont pas idée à quel point les choix, les décisions et les orientations doivent reposer sur des principes clairs et des objectifs biens définis plutôt que sur des estimations strictement budgétaires. La pertinence d’avoir, autour de la table, quelqu’un pouvant circonscrire et identifier les enjeux est alors d’une grande richesse pour les débats et les discussions.

Claude Gratton
Baccalauréat en philosophie
Majeure en relations industrielles