octobre 22

Édouard Malenfant Directeur général

Même si mon parcours date du passage des années 70 aux années 80, je suis persuadé que les thèmes et les auteurs que l’on aborde aujourd’hui en philosophie contribuent encore à former l’esprit et à développer des habiletés intellectuelles fondamentales qui nous permettent de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et l’être humain, si complexe qu’il soit.

Lorsque je me suis inscrit à l’Université Laval, j’ai d’abord découvert que mes connaissances générales étaient très pauvres, que j’avais peu lu et que les problèmes contemporains éthiques, sociaux et politiques dont je découvrais à peine la teneur n’étaient pas neufs. Que des hommes et des femmes de toutes les époques s’y étaient arrêtés, les avaient creusés et, parfois même, s’étaient engagés personnellement pour les résoudre.

J’ai appris que les mots sont porteurs d’idées et de valeurs et que nous sommes dirigés, influencés par celles-ci. On m’a donné des clés de lecture, des codes pour déchiffrer les discours qui me servent encore presque tous les jours dans mon travail, mais aussi dans ma vie privée.  Les liens de cause à effet, la relation entre fin et moyen, la distinction entre singulier et universel, entre nature et culture, entre essentiel et accessoire, entre le tout et la partie, entre l’analyse et la synthèse, entre l’antécédent et le conséquent, etc. font partie de mes grilles d’interprétation du monde, des événements et des enjeux auxquels je suis confronté au quotidien.

J’ai eu des maîtres si stimulants que j’ai souhaité à mon tour enseigner la philosophie, ce que j’ai fait presque tout de suite en sortant de mon baccalauréat. J’ai poursuivi parallèlement des études en sciences de l’éducation (certificat en enseignement et maîtrise en psychopédagogie) qui m’ont conduit à un travail de conseiller pédagogique.  Après quelques années d’exercice, j’ai obtenu un poste de direction des études et je suis actuellement directeur général d’une école secondaire privée de plus de 1000 élèves dans la région de Québec.

Je constate que ce parcours n’est pas sans lien avec ma formation universitaire initiale même si, à première vue, elle semble s’en éloigner. Une formation en philosophie nous élève au-dessus des tâches que nous assumons, nous donne du recul.  Un recul qui nous permet souvent de mieux décrire ce que nous faisons, d’en saisir les finalités et de juger de l’à propos des moyens que nous prenons pour les atteindre.

C’est certainement cette propension à l’analyse qui m’a fait d’abord basculer dans un rôle conseil auprès de mes pairs enseignants et qui m’a permis de leur apporter un soutien réel dans l’exercice de leur profession. Cette perspective m’a permis de participer activement à des débats professionnels et à des comités de travail en portant des valeurs partagées par mes collègues. Ce faisant, ces qualités se sont avérées justement celles que l’on recherche pour des postes de gestion auxquels j’ai accédé relativement tôt dans ma carrière.

Aujourd’hui encore, je suis persuadé que ma présence au comité de direction du Conseil supérieur de l’éducation, que la présidence de la table régionale des directeurs généraux de collèges privés qu’on m’a confiée et que le leadership que j’assume au sein même de l’établissement d’enseignement que je dirige découlent des aptitudes et habiletés développées grâce à ma formation en philosophie. J’ose ajouter que le plaisir que j’ai à lire des oeuvres variées, le goût d’apprendre d’autres langues et de parfaire sans cesse mes connaissances ont certainement été semés à l’occasion de mon passage dans ce programme.

Édouard Malenfant
Baccalauréat en philosophie