octobre 24

Willem Fortin Conseiller pédagogique

J’ai envisagé la possibilité de faire des études en philosophie pour la première fois alors que j’étais toujours au collège. Je venais de suivre un cours de philosophie dans lequel mon professeur avait été particulièrement stimulant et je voulais prolonger cette impression de m’éveiller au monde à une époque où le discours politique semblait s’appauvrir.

C’est ainsi que j’ai entrepris un certificat en philosophie, croyant au départ ne faire qu’une courte incursion dans ce domaine d’études. J’ai tellement aimé répondre aux questions qui m’étaient posées par les professeurs que je n’ai plus été capable de m’arrêter! Même lorsque nous abordions des sujets philosophiques remontant à l’antiquité il était possible de faire des liens avec des problèmes contemporains. L’actualité frappante des questions soulevées par la philosophie m’a convaincue de poursuivre mes études pour terminer un baccalauréat.

Après trois années d’études au premier cycle, il m’a semblé naturel d’examiner un enjeu d’actualité avec les outils analytiques que la philosophie avait à offrir. Mon mémoire de maîtrise portait sur les problématiques environnementales. Durant mes recherches ayant mené à la rédaction de mon mémoire, j’ai tenu à rencontrer des gens, à confronter des théories philosophiques contemporaines à des choix individuels faits au quotidien.

Afin d’ajouter des cordes à mon arc, j’ai poursuivi l’étude des problèmes environnementaux sous un autre angle: l’aménagement du territoire, qui fait autant appel à des connaissances scientifiques que politiques. C’est en étudiant dans ce domaine, dans une maîtrise professionnelle cette fois-ci, que j’ai pris conscience de l’importance du bagage que j’avais acquis pendant mes « belles années » en philosophie. Ma préparation me semblait solide pour affronter les enjeux de l’aménagement du territoire, davantage que celle de la plupart des autres étudiants. Je ne remercierai jamais assez mes professeurs pour la rigueur, l’esprit d’analyse et l’aptitude à établir des liens entre les faits et les théories qu’ils sont parvenus à m’inculquer.

Quand je vois, aujourd’hui, à quel point il est facile de tomber dans le domaine de l’opinion,

Quand j’entends quelqu’un dire que toutes les opinions se valent,

Quand je comprends à quel point il y a du travail à faire collectivement pour remettre de l’ordre dans notre sens des valeurs,

Je me réjouis d’avoir étudié en philosophie.

J’espère seulement avoir l’audace d’agir et de contribuer à changer le monde dans lequel je vis. Lutter contre l’anti-intellectualisme ambiant est en ce sens mon premier défi au quotidien.

Willem Fortin
Baccalauréat et maîtrise en philosophie