février 11

Anthony Voisard   Intervenant et enseignant-stagiaire

Je suis tombé dans la potion philosophique, comme Obélix dans la potion magique, quand j’étais petit. J’étais fasciné, déjà vers l’âge de 8 ans, par la richesse des réflexions que je pouvais retrouver dans certains classiques de la littérature française. J’avais la chance d’avoir deux frères aînés qui m’encourageaient à poursuivre mes lectures et mes réflexions en discutant de se qu’ils avaient appris dans leurs cours de philosophie au cégep.

À 12 ans, je fus introduit à l’histoire de la philosophie en lisantLe Monde de Sophie, puis à l’existentialisme à la lecture de L’Étranger de Camus. Si je ne comprenais pas toujours exactement le propos des auteurs, je me faisais un devoir de continuer la lecture, car je me rendais bien compte que ces réflexions me permettaient d’un peu mieux m’expliquer le monde qui m’entourait.

Un peu avant mon entrée au cégep, je fus confronté durement à la philophobie. J’apprenais qu’être philosophe ne menait à rien et qu’il n’y avait pas d’emploi pour ces pauvres fous. Seuls quelques chanceux pouvaient enseigner la philosophie… Cette première embûche m’amena à m’impliquer dans différents projets sociaux autant au Canada qu’à l’international avec les programmes Katimavik, Jeunesse Canada Monde et Québec sans frontières.

Je voyais le philosophe comme un penseur impliqué dans la vie publique. Ces expériences m’ont ensuite motivé à vouloir terminer mes études collégiales en Techniques de travail social (voilà maintenant cinq ans que je suis intervenant) pour développer des aptitudes pratiques en intervention sociale puisque je me savais plus naturellement intéressé et habileté à la réflexion philosophique. Un choix certes contre-intuitif, mais absolument salutaire. J’avais peut-être commencé à mon insu une réflexion empreinte de pragmatisme : j’avais le souci de trouver un équilibre entre la pratique et la théorie, l’action et la réflexion.

À la suite de mes études collégiales, j’ai décidé de m’inscrire en philosophie à l’UQÀM avec option enseignement au collégial puisque je voulais étudier la discipline qui me passionnait le plus et que je voulais partager cet intérêt avec les étudiants au collégial. J’ai pu faire deux stages au collégial au Cégep de Maisonneuve durant mon baccalauréat. Je poursuis le désir d’enseigner la philosophie au collégial et peut-être éventuellement à l’université. Une récente nomination au Comité d’éthique de la recherche du Cégep de Victoriaville me rapproche tranquillement de ce but.

Je me suis inscrit à la maîtrise en philosophie de type cours à l’Université de Sherbrooke étant donné mon intérêt pour le pragmatisme. J’ai été bercé par la philosophie continentale durant mon enfance et mon adolescence, et je possède également de bonnes bases en philosophie analytique, que j’ai acquises dans le cadre de mes études de premier cycle. J’ai donc l’avantage de bien connaître les limites de la tradition philosophique qui se rapproche le plus de ma posture (le pragmatisme). J’ai décidé de m’inscrire à ce programme de maîtrise à la fois pour développer des compétences pour intervenir en éthique sur différents terrains et pour développer une pédagogie (et des connaissances philosophiques) plus près de la pratique dans le but de devenir un enseignant peut-être plus pertinent pour mes futurs étudiants.

En attendant, je continue à mettre en action, à titre d’intervenant social, les compétences que j’ai acquises durant mon parcours en philosophie, c’est-à-dire une rigueur intellectuelle, un esprit critique et d’analyse, une bonne capacité rédactionnelle, un sens de la créativité, ainsi qu’une capacité à bien vulgariser l’information.

(Je vous invite à me suivre sur mon blogue qui se veut un journal de mes écrits philosophiques.)

Anthony Voisard
Baccalauréat en philosophie