février 16

Caroline Allard   Auteure

C’est un fait: j’ai abandonné mon doctorat en philosophie pour écrire des niaiseries. Me connaissant, c’était prévisible et je suis persuadée que la philosophie ne s’en porte pas plus mal non plus.

Ce que je n’avais pas prévu, c’est que pratiquement à chaque conférence que je donne sur mon métier d’auteure, on me demande si mes études de philosophie me servent à quelque chose aujourd’hui. Je pense que, secrètement, la plupart des gens qui me posent cette question veulent se faire dire qu’ils avaient raison de foxer leurs cours de philo au cégep.

Mais aussi, la philosophie a cette réputation austère qui, à première vue, n’est pas très compatible avec le fait d’écrire (volontairement) des niaiseries. Erreur! La philosophie et l’humour, c’est pareil. Enfin, presque. Philosopher, c’est prendre un pas de recul sur notre perception du réel pour l’analyser sérieusement. Écrire de l’humour, c’est prendre un pas de recul sur notre perception du réel pour l’analyser drôlement.

Bref, je n’ai pas peur de le dire: il est plus facile d’être rigolote avec bonne une formation philosophique.

Engendrer des clowns est un dommage collatéral pour toute discipline sérieuse mais je suis heureuse de pouvoir affirmer que mes anciens collègues et professeurs ont pris ma nouvelle carrière avec beaucoup de philosophie.

Caroline Allard
Baccalauréat, maîtrise en philosophie