février 26

Catherine Boucher   Directrice générale

Annoncer à sa famille et à ses amis sa décision d’étudier en philosophie crée un certain effet de surprise. Même chose aujourd’hui, lorsque je le dis à mes collègues. La philo? Pour faire quoi?

À l’époque, la réponse n’était pas évidente. Je n’avais moi-même pas une idée très claire de ce que je ferais avec cette formation. Ma seule certitude (le mot est fort!) était mon envie d’explorer un monde des idées et de suivre ma voie (du moins, ce que je croyais être la mienne).

J’étais animée par des questions existentielles et un grand idéalisme. La philosophie m’a comblée en me permettant de réfléchir aux fondements de nos sociétés, de l’action morale et de l’organisation politique. Au plan plus personnel, elle m’a donné les outils pour agir selon mes valeurs, ce qui donne un sens à ma vie.

Bien entendu, il y eut des doutes tout au long de mon parcours académique, mais je peux dire aujourd’hui que je ne regrette rien. Même si je ne savais pas à quels métiers ou carrières la philo me mènerait, elle a présidé à des décisions importantes qui m’ont façonnée et définie. Elle m’a offert quelque chose de précieux : être maître de mes idées, être un esprit libre.

Prendre des distances face aux idées reçues (il y en a dans tous les milieux), à ses intérêts, pour ensuite analyser de manière ouverte les diverses opinions, en saisir l’essentiel et proposer de nouvelles avenues est pour moi au cœur de l’approche philosophique. C’est quelque chose d’unique que la philosophie permet d’offrir à ceux qui nous côtoient, soit de voir les situations sous un autre angle pour trouver des solutions originales.

Aujourd’hui, mon travail consiste à proposer des orientations, des analyses et des options permettant aux industries culturelles de se développer et de faire face aux nouvelles réalités de la création, de la diffusion, de l’offre et de la commercialisation des œuvres culturelles.

Si l’on me demande si ma formation m’aide dans mon travail et dans la vie personnelle, je dirais oui. Je dirais même que je ferais le même choix.

Oui, parce que :

– La philosophie a affuté mon esprit critique de sorte qu’il détecte les raccourcis, les idées racoleuses, les gourous et la pensée magique. Elle me pousse à la rigueur.

– Elle a développé le réflexe de chercher à voir les choses différemment et à rester ouverte aux nouvelles idées. Elle me garde éveillée.

–  Elle m’a permis de développer mes valeurs en les soumettant à un examen critique (qui se poursuit toujours…) pour faire des choix authentiques. Elle me donne le goût d’agir.

Je suis restée idéaliste et je continue à aimer l’effet de surprise… lorsque je dis avoir étudié en philosophie. Ce n’est pas banal! Alors, la philo? Pour faire quoi? Eh bien, peut-être, pour parfois faire la différence.

Catherine Boucher
Baccalauréat et maîtrise en philosophie