Origines, objectifs et signification de la campagne

*LA CAMPAGNE S’EST TERMINÉE LE 12 MAI 2014. MERCI DE PRENDRE CELA EN CONSIDÉRATION LORS DE VOTRE VISITE DU SITE WEB.

Quels étaient les objectifs et les origines de la campagne « Ensemble contre la philophobie », qui s’est déroulée du 22 octobre 2013 au 12 mai 2014? Que représentait-elle? En tant que responsable de la campagne, j’estime qu’il est pertinent de prendre un moment pour répondre à ces interrogations.

Mais d’abord, je me présente : mon nom est Alexandre Lavallée. Je suis titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en philosophie de l’Université Laval ainsi que d’un DESS en relations publiques.

J’ai lancé la campagne « Ensemble contre la philophobie » en partenariat avec la Faculté de philosophie de l’Université Laval, d’où la référence à des programmes offerts par cette faculté dans les témoignages et dans la section étudier en philosophie.

Lorsque j’ai présenté mon projet au doyen, M. Victor Thibaudeau, celui-ci m’a rapidement encouragé à passer de la théorie à la pratique, notamment en appuyant la campagne moralement et financièrement. Il m’a aussi fourni des outils qui ont facilité la communication avec les anciens diplômés en philosophie.

LES OBJECTIFS DE LA CAMPAGNE

Les objectifs de la campagne étaient multiples.

D’abord, il s’agissait évidemment de s’attaquer aux quelques préjugés dont sont victimes les étudiant(e)s en philosophie, par exemple en montrant qu’ils ne passent pas le reste de leur vie en dessous des ponts, à pelleter des nuages.

Ensuite, la campagne représentait (et représentent toujours!) une occasion pour les étudiant(e)s actuel(le)s en philosophie d’en apprendre davantage sur les différents parcours qu’ont empruntés leurs semblables. Car il ne faut pas se compter de mensonges : le futur professionnel des étudiant(e)s en philosophie est loin d’être tracé à l’avance! Ce parcours vient souvent avec son lot de défis et nécessairement avec une certaine quête de soi…

Finalement, l’idée étaient aussi d’encourager les personnes qui seraient tentées par l’étude de la philosophie à l’essayer, par exemple en s’inscrivant au certificat en philosophie, malgré les réputations et les peurs qui peuvent accompagner ce choix, surtout lorsqu’on est plus jeune.

CE QUE REPRÉSENTE LA CAMPAGNE

Au Québec, pendant le conflit étudiant de 2012, un bon nombre d’individus et de médias ont supposé l’existence d’une distinction entre deux types de programmes universitaires : ceux qui sont utiles, puis ceux qui sont inutiles.

Selon cette interprétation, les personnes qui opteraient pour la première catégorie de programmes (droit, génie, médecine, architecture, etc.) participeraient au développement de la société, tandis que celles qui opteraient pour la seconde (histoire, linguistique, anthropologie, sociologie, etc.) finiraient plutôt par parasiter la société. La philosophie incarnait, en quelque sorte, la reine de cette seconde catégorie.

La campagne veut souligner la pertinence d’un programme universitaire qui, comme la philosophie, n’est pas lié directement à un métier. Le site Web montre non seulement que des études en philosophie peuvent bel et bien mener à des métiers et à des professions, mais aussi, grâce aux témoignages, il montre qu’une formation en philosophie participe activement et positivement au quotidien des citoyens, que ce soit sur le plan professionnel, personnel ou même familial.

LES ORIGINES DE LA CAMPAGNE

L’idée de la campagne m’est venue à l’esprit dans un cours qui portait sur la modification de l’image des produits commerciaux. Les membres de mon équipe avaient alors appris l’existence de mes études en philosophie, ce qui venait – vous l’aurez deviné! – avec une réputation de pelleteur de nuage.

Cette fameuse réputation m’a toutefois donné l’idée de prendre l’« image » de la philosophie comme sujet du prochain travail d’équipe. Nous étions loin des sujets habituels, par exemple l’image d’une voiture ou d’un parfum, mais le défi était intéressant.

Il n’a pas été difficile de montrer que la philosophie était souvent perçue comme archaïque, ennuyante et inutile, puis que les étudiant(e)s en philosophie, eux, étaient parfois perçus comme des personnes sans avenir (voir la section exemples de philophobie).

C’est en explorant ces « clichés » que nous avons émis, en blague, l’idée du « coming out philosophique ». Nous nous imaginions, par exemple, un jeune qui annonce à ses parents qu’il veut aller étudier en philosophie, puis ces derniers qui ont de la difficulté à accepter son orientation. Nous avons finalement rédigé notre travail en nous inspirant de cette idée originale. Je remercie d’ailleurs mes coéquipiers, Anthony Doucet et Audrée Messen-Pinard, d’avoir accepté un sujet aussi ambitieux!

Après avoir obtenu mon diplôme en relations publiques, cette idée m’est toutefois restée en tête. Il s’agissait, après tout, de corriger une perception erronée de la philosophie. D’autant plus que j’étais préoccupé par la pertinence d’études en philosophie dans un monde où le savoir technique spécialisé est souvent perçu comme le seul pouvant participer au développement de la société.

C’est à ce moment que je suis allé rencontrer le doyen de la Faculté de philosophie de l’Université Laval et que, de fil en aiguille, la campagne a été lancée.

ET… LES ATTENTES RÉELLES?

Honnêtement, il est impossible de savoir dans quelle mesure une campagne Web comme celle-ci a eu un effet sur la mentalité des gens, sur leurs jugements et sur leurs décisions. Mais ce qu’il est possible de savoir, c’est que celui qui ne tente rien n’a rien!

Si vous avez d’autres interrogations ou des suggestions, vous pouvez les envoyer à contact@philophobie.com. Bonne visite!