octobre 22

Éric Francoeur Directeur adjoint des études

À la fin de ma maîtrise, j’ai eu la chance d’assister à un atelier offert par le service d’aide à l’emploi de l’Université. Cet atelier traitait de certaines carrières destinées potentiellement aux diplômés de philosophie. J’ai alors eu une véritable révélation. On me confirmait enfin que différentes options s’offraient à moi en tant que philosophe. L’atelier mettait également en lumière deux conditions essentielles pour l’obtention d’un emploi : le développement d’un réseau de contacts et la capacité de se déplacer partout au Québec. Ces conseils ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd.

Mon premier réflexe a été de reprendre contact avec les professeurs qui m’ont enseigné en philosophie au cégep, dans ma région natale. L’initiative tombait à point. Quelques mois après, une tâche résiduelle était disponible et ma candidature a été retenue. Certes, ce petit contrat n’était pas lucratif, mais il m’a permis d’acquérir cette première expérience qui donne un sérieux coup de pouce au destin. Par la suite, j’ai eu la chance d’enseigner dans d’autres établissements au Québec et ma carrière était lancée.

Toutefois, il arrivait, à certains moments, que je n’avais pas de travail en raison de la répartition fluctuante des charges d’enseignement. Je vivais constamment avec la précarité. C’est à ce moment que ma vie professionnelle a pris un tournant inattendu. Un collège, où l’on m’avait particulièrement apprécié, désirait embaucher un conseiller pédagogique pour soutenir la direction dans le dossier de la réussite scolaire. En lisant l’offre d’emploi, il était clair que ma formation en philosophie représentait une plus-value. On recherchait une personne possédant, notamment, de bonnes habiletés rédactionnelles ainsi qu’un esprit d’analyse et de synthèse marqué. J’ai donc postulé, et lors de l’entrevue de sélection, j’ai bien mis en valeur les qualités « transférables » ou « transversales » que ma formation m’a permis d’acquérir pour un tel emploi. J’ai sûrement dû trouver les mots qu’il fallait, car j’ai obtenu le poste! Et, de fil en aiguille, grâce au réseau de contacts que j’ai pu créer, j’ai déniché un autre emploi de conseiller pédagogique dans un collège qui m’offrait plus de stabilité.

Depuis, j’ai été promu à certains postes stratégiques dans mon établissement, le Cégep de Saint-Laurent. Bien évidemment, mon cheminement est singulier et il n’y a pas de recettes ni de garanties pour réussir en cette matière. Toutefois, la leçon que je voudrais partager bien humblement est la suivante : « Aide-toi et la philo t’aidera »!

Éric Francoeur
Baccalauréat et maîtrise en philosophie